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Ajuga reptans — Bugle rampante

Consyre moyenne, Herbe aux charpentiers

Lamiacées

Riche en tanins ; jeunes feuilles traditionnellement consommées en Italie et dans les Balkans.

Ajuga reptans est une petite vivace des prés frais et des lisières qui s'étale par de longs stolons feuillés et dresse au printemps des épis de fleurs bleu-violet ; sa tige carrée n'est poilue que sur deux faces opposées.

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Description

Vivace de 10 à 30 cm (parfois 40 cm), la bugle rampante forme une rosette de feuilles basales d'où partent de longs stolons feuillés couchés sur le sol, qui s'enracinent et lui permettent de couvrir jusqu'à un mètre carré. La tige florale, dressée et simple, est carrée comme chez toutes les Lamiacées et n'est velue que sur deux faces opposées. Les feuilles sont obovales à oblongues, presque glabres, entières ou légèrement crénelées, souvent luisantes et parfois teintées de pourpre ; celles de la rosette, plus grandes, se rétrécissent en un long pétiole. D'avril à juin (jusqu'en juillet en altitude), les fleurs bleu-violet de 1 à 2 cm, rarement roses ou blanches, sont groupées par 2 à 6 à l'aisselle de bractées et forment un épi lâche. La corolle a une lèvre supérieure presque inexistante et une lèvre inférieure étalée à trois lobes ; les bractées supérieures, souvent bleutées, sont plus courtes que les fleurs.

Répartition et habitat

Présente de l'Europe au Caucase, au nord de l'Iran et à l'Afrique du Nord, la bugle rampante est commune dans presque toute la France, plus rare en région méditerranéenne. Dans les Alpes, elle monte de l'étage collinéen jusqu'au subalpin, vers 2000 m d'altitude, plus rarement au-delà. Elle affectionne les prairies fraîches, les pâturages, les lisières et les sous-bois clairs, sur des sols riches et plutôt humides. Ses stolons lui permettent de former des colonies denses au bord des chemins et dans les pelouses. Elle a été introduite en Amérique du Nord et en Nouvelle-Zélande, où elle s'est naturalisée.

Confusions possibles

La bugle de Genève (Ajuga genevensis) est la plus proche : elle n'a pas de stolons, sa tige est velue sur les quatre faces et elle préfère les pelouses sèches et les sols pauvres. La bugle en pyramide (Ajuga pyramidalis), plutôt montagnarde et acidiphile, n'a pas de stolons non plus ; son épi dense en pyramide est caché par de grandes bractées plus longues que les fleurs. La brunelle commune (Prunella vulgaris) porte un épi trapu de fleurs dont la lèvre supérieure forme un casque bien visible. Le lierre terrestre (Glechoma hederacea), lui aussi rampant, a des feuilles en rein crénelées, une odeur forte au froissement et des fleurs à lèvre supérieure développée.

Utilisation alimentaire

Les jeunes feuilles et pousses sont traditionnellement consommées en Italie et dans les Balkans, crues en salade ou cuites dans les soupes et les farces d'herbes. Leur goût est amer et astringent, en raison des tanins : elles s'utilisent en petite quantité, mêlées à d'autres plantes sauvages. Les fleurs, mellifères, sont aussi une source de nectar pour les abeilles et les papillons.

Utilisation médicinale

Riche en tanins, la bugle rampante a été employée traditionnellement contre les diarrhées et, en usage externe, pour arrêter les saignements et aider à la cicatrisation des petites plaies, d'où son surnom d'« herbe aux charpentiers ». En Autriche et dans les Balkans, son infusion servait aussi contre les troubles respiratoires. Des études récentes évoquent une activité antioxydante et antibactérienne, sans application médicale établie.
Bugle rampante : rosette de feuilles luisantes
Rosette de feuilles basales, souvent teintées de pourpre
Bugle rampante : fleurs à l'aisselle des bractées
Fleurs à lèvre supérieure presque nulle, lèvre inférieure à trois lobes
Bugle rampante : gros plan sur les fleurs et bractées pourprées
Bractées supérieures teintées de violet, plus courtes que les fleurs
Bugle rampante : tige carrée poilue sur deux faces opposées
Tige carrée velue sur deux faces seulement : le critère qui la sépare de la bugle de Genève

Pour aller plus loin