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Primula vulgaris — Primevère acaule

Primevère commune, Primevère sans tige, Primevère à grandes fleurs

Primulacées

Primula vulgaris est une primevère printanière sans hampe : de grandes fleurs jaune soufre à gorge orangée, chacune sur un pédoncule velu qui part directement d'une rosette de feuilles gaufrées.

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Description

Vivace de 5 à 20 cm, la primevère acaule ne développe pas de tige visible : sa souche courte porte une rosette de feuilles obovales à spatulées, longues de 5 à 15 cm, rétrécies progressivement vers la base. Le limbe, au bord irrégulièrement denticulé, est gaufré et finement réticulé, glabre et vert vif dessus, plus pâle et velu dessous. Les fleurs, solitaires, naissent chacune au bout d'un pédoncule velu de 10 à 15 cm qui sort directement de la rosette, sans hampe commune. La corolle, d'environ 3 cm de diamètre, est jaune soufre pâle et largement étalée ; ses 5 lobes échancrés portent à la base une tache jaune orangé qui forme un anneau autour de la gorge. Les fleurs sont hétérostylées : sur certaines plantes, le style dépasse au centre de la gorge, sur d'autres ce sont les étamines, ce qui favorise la pollinisation croisée. Le fruit est une capsule ovoïde enfermée dans le calice tubuleux.

Répartition et habitat

La primevère acaule pousse dans les forêts claires de feuillus, les lisières, les haies, les vergers, les talus ombragés et les prairies fraîches, sur des sols plutôt riches et humides. Elle fleurit très tôt, de février à avril, avant que le feuillage des arbres ne ferme le sous-bois. Elle est répandue dans l'ouest et le sud de l'Europe, jusqu'en Turquie et en Afrique du Nord. En France, elle est surtout abondante dans l'Ouest ; elle est protégée en Lorraine et dans le Nord-Pas-de-Calais. Dans les Alpes, on la trouve aux étages collinéen et montagnard, surtout dans les vallées et sur les basses pentes ; en Suisse, elle est présente presque partout sauf en Engadine et protégée dans quelques cantons.

Confusions possibles

Le critère décisif est l'absence de hampe : chez la primevère acaule, chaque fleur a son propre pédoncule issu de la rosette. La primevère officinale (Primula veris) porte au contraire, au sommet d'une hampe, une ombelle de petites fleurs jaune d'or en clochette, au calice renflé. La primevère élevée (Primula elatior) a aussi des fleurs groupées sur une hampe, jaune pâle mais plus petites et en entonnoir. Là où elles cohabitent, la primevère acaule s'hybride avec ces deux espèces, et les hybrides à fleurs en ombelle mais de grande taille sèment le doute. Enfin, les primevères de jardin aux couleurs vives (rose, rouge, violet) dérivent de croisements avec cette espèce et se retrouvent parfois échappées près des habitations.

Utilisation alimentaire

Les jeunes feuilles se mangent crues en salade, les plus âgées de préférence cuites. Les fleurs décorent les salades, parfument des boissons et se confisent au sucre ; on en a même tiré du vin. Cette cueillette reste à réserver aux stations abondantes : l'espèce est protégée dans plusieurs régions de France et de Suisse, et il vaut mieux laisser les fleurs aux pollinisateurs.

Utilisation médicinale

La primevère acaule a été employée traditionnellement comme expectorante, contre la toux et les refroidissements, et parfois comme antispasmodique ou diurétique. Ces usages sont anciens et peu documentés.
Primevère acaule : pédoncules velus partant de la rosette
Chaque fleur sur son propre pédoncule velu, sans hampe commune
Primevère acaule : deux fleurs au-dessus de feuilles gaufrées
Feuilles gaufrées au bord denticulé
Primevère acaule : grandes feuilles de la rosette en été
Rosette en été, feuilles jusqu'à 15 cm
Primevère acaule : capsule mûre ouverte dans le calice
Capsule mûre libérant ses graines

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