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Fagus sylvatica — Hêtre commun

Hêtre, Fayard, Foyard, Fau, Fouteau

Fagacées

Faînes riches en lipides, comestibles grillées et avec modération ; bois dur et homogène, prisé en ameublement et comme bois de chauffage.

Fagus sylvatica est le grand arbre des forêts montagnardes, reconnaissable à son écorce grise et lisse toute sa vie, à ses feuilles ovales au bord ondulé et cilié, à ses bourgeons longs et pointus et à ses faînes triangulaires logées dans une cupule hérissée.

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Description

Grand arbre de 30 à 40 m dans les meilleures stations, le hêtre a un tronc droit et une écorce mince, gris argenté, qui reste lisse toute sa vie et se couvre souvent de lichens ; elle cicatrise mal et garde longtemps la trace des gravures. Les feuilles alternes, ovales, de 6 à 10 cm, sont luisantes et un peu coriaces ; leur bord est entier ou ondulé, à peine denté, et frangé de poils soyeux sur les jeunes feuilles. Elles comptent 5 à 8 paires de nervures parallèles. Les bourgeons, longs de 1,5 à 3 cm, fusiformes et très pointus, sont couverts d'écailles brun clair luisantes. Le hêtre est monoïque : en avril-mai, juste après le débourrement, les fleurs mâles pendent en chatons globuleux tandis que les fleurs femelles, par deux, sont enveloppées dans un involucre hérissé. Celui-ci devient en automne une cupule ligneuse à épines molles qui s'ouvre en quatre valves et libère deux à trois faînes brun luisant, à section triangulaire. L'arbre peut vivre 300 ans, exceptionnellement plus de 500.

Répartition et habitat

Le hêtre couvre une grande partie de l'Europe, du sud de la Scandinavie à la Sicile ; il occupe environ 10 % des forêts françaises. Dans les Alpes, il forme l'essentiel des forêts de l'étage montagnard, pures ou mêlées au sapin et à l'épicéa, de l'étage collinéen supérieur au montagnard, et peut monter jusque vers 1800 m sur les versants favorables, où il prend parfois un port tortueux. Il exige une atmosphère humide (plus de 750 mm de pluie par an ou des brouillards fréquents) et des sols bien drainés, calcaires ou légèrement acides ; il craint la sécheresse, l'excès d'eau et les gelées de printemps. Il est ainsi plus abondant dans les Préalpes humides que dans les vallées internes sèches. Très tolérant à l'ombre, il se régénère sous le couvert des autres arbres et finit souvent par les dominer.

Confusions possibles

Le charme (Carpinus betulus) est le sosie le plus courant, surtout chez les jeunes arbres et les haies : ses feuilles sont doublement dentées en scie et nettement plissées le long des nervures, son tronc est cannelé et ses fruits sont des akènes portés par une bractée à trois lobes. Le hêtre a des feuilles à bord ondulé et cilié, presque sans dents, un tronc lisse et cylindrique et des bourgeons beaucoup plus longs. Les hêtres pourpres ou pleureurs des parcs sont des variétés horticoles de la même espèce. Comme le charme, le hêtre est marcescent : ses feuilles sèches restent souvent accrochées tout l'hiver sur les jeunes sujets.

Utilisation alimentaire

Les faînes sont comestibles en petite quantité, une fois débarrassées de leur enveloppe : on les consomme surtout grillées, comme de petites châtaignes. Riches en matières grasses (environ 40 %), elles ont longtemps été pressées pour produire une huile alimentaire qui rancit peu. Crues et en grande quantité, elles peuvent provoquer nausées, crampes et diarrhées ; leur farine n'était utilisée qu'après trempage pour éliminer les tanins. Elles sont aussi une nourriture recherchée par la faune forestière.

Utilisation médicinale

L'écorce, astringente, a été employée autrefois en décoction contre les fièvres. On tirait aussi du bois de hêtre, par distillation, un goudron et de la créosote réputés antiseptiques ; la créosote s'est depuis révélée fortement cancérigène et cet usage est abandonné. Aucune de ces préparations n'est à reproduire.
Hêtre commun : feuilles et bourgeons pointus
Feuilles à nervures parallèles et bourgeons longs et effilés
Hêtre commun : bourgeon fusiforme en gros plan
Bourgeon fusiforme à écailles brunes luisantes, un critère sûr
Hêtre commun : cupule hérissée au bout d'un rameau
Cupule à épines molles qui renferme les faînes
Hêtre commun : trois faînes brunes
Faînes à section triangulaire, comestibles grillées et avec modération
Hêtre commun : vieux hêtre tortueux en forêt de montagne
Vieux hêtre au port tortueux, typique des hêtraies d'altitude

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