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Attention toxique

Ficaria verna — Ficaire

Ficaire fausse-renoncule, Petite chélidoine, Herbe aux hémorroïdes, Pot au beurre, Épinard des bûcherons

Renonculacées

Ficaria verna est une petite renonculacée qui tapisse les sous-bois dès la fin de l'hiver : feuilles luisantes en cœur, fleurs jaune vif à 8–12 pétales brillants et seulement 3 sépales, racines renflées en petits tubercules.

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Description

La ficaire est une petite vivace de 5 à 30 cm, aux tiges courtes souvent couchées. Sa souche porte des racines fasciculées dont certaines se renflent en tubercules en forme de massue, qui se détachent facilement et assurent la multiplication de la plante. Les feuilles, glabres, luisantes et d'un vert franc, sont en cœur, presque rondes, larges de 4 à 9 cm, au bord légèrement crénelé ; leur long pétiole s'élargit en gaine à la base. Chaque pédoncule porte une seule fleur jaune vif, de 2 à 3 cm, au brillant vernissé caractéristique. Elle compte le plus souvent 8 à 12 pétales étroits mais seulement 3 sépales verdâtres qui tombent tôt : un bon critère pour la distinguer des renoncules, qui ont 5 pétales et 5 sépales. Après la floraison, certaines formes produisent à l'aisselle des feuilles de petites bulbilles blanchâtres de la taille d'un grain de blé, qui tombent au sol au début de l'été. Les parties aériennes disparaissent alors jusqu'au printemps suivant.

Répartition et habitat

La ficaire affectionne les sols frais, riches en humus et souvent un peu humides : sous-bois de feuillus, frênaies, lisières, haies, vergers, bords de ruisseaux et prairies ombragées. Elle profite de la lumière qui atteint le sol avant la feuillaison des arbres pour fleurir dès février et jusqu'en avril ou mai, et forme alors de vastes tapis jaunes et verts. Espèce d'Europe, d'Asie occidentale et d'Afrique du Nord, elle est commune dans toute la France. Dans les Alpes, on la rencontre surtout aux étages collinéen et montagnard, jusque vers 1600 m d'altitude, rarement dans le bas du subalpin. Elle a été introduite en Amérique du Nord, où elle est devenue envahissante.

Confusions possibles

Les renoncules à fleurs jaunes (bouton d'or, renoncule rampante…) ont 5 pétales, 5 sépales et des feuilles profondément découpées. Le populage des marais (Caltha palustris), aux feuilles également arrondies, est bien plus robuste, vit les pieds dans l'eau et sa fleur n'a que 5 « pétales » qui sont en fait des sépales. L'éranthe d'hiver (Eranthis hyemalis), naturalisée çà et là, fleurit plus tôt et sa fleur repose sur une collerette de bractées découpées. Enfin l'anémone fausse-renoncule (Anemone ranunculoides), qui partage les mêmes sous-bois, porte un verticille de feuilles palmées sous ses fleurs jaunes à 5–8 tépales.

Utilisation médicinale

La ficaire était traditionnellement employée, en pommade et en usage externe uniquement, contre les hémorroïdes, d'où son nom d'« herbe aux hémorroïdes ». Cet usage relevait de la théorie des signatures : ses tubercules évoquent la forme des hémorroïdes. Un cas d'hépatite aiguë a été rapporté après la prise d'une tisane de ficaire ; l'usage interne est à proscrire.

Toxicité

Comme beaucoup de renonculacées, la ficaire contient de la protoanémonine, surtout dans la plante fraîche et après la floraison. Le contact avec la sève peut irriter la peau ; l'ingestion provoque des troubles digestifs et, en quantité, des symptômes plus graves. Crue, elle est toxique pour le bétail. La dessiccation transforme la protoanémonine en une substance non irritante.
Ficaire : feuilles arrondies en cœur, glabres et luisantes
Feuilles en cœur à long pétiole
Ficaire : bouton et fleur entrouverte aux nombreuses étamines
Bouton floral et fleur aux nombreuses étamines
Ficaire : bulbilles blanchâtres à la base des pétioles
Bulbilles à l'aisselle des feuilles, après la floraison
Ficaire : fleurs sur un talus terreux
Sur un talus frais au printemps

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