Toxique
Attention toxiqueEuphorbia cyparissias — Euphorbe petit-cyprès
Euphorbe faux-cyprès
Euphorbiacées
Euphorbia cyparissias est une euphorbe vivace des pelouses sèches, en touffes de tiges couvertes de feuilles très fines comme un petit conifère ; ses ombelles jaune vif rougissent après la floraison et sa tige cassée laisse couler un latex blanc irritant.
Vous hésitez ? Envoyez une photo — modèle entraîné sur les plantes des Alpes.
Identifier avec une photoDescription
Vivace glabre de 15 à 50 cm, d'un vert clair un peu bleuté, l'euphorbe petit-cyprès forme des touffes de nombreuses tiges dressées, issues d'une souche rampante qui émet des stolons. Les feuilles, très nombreuses, sont étroitement linéaires : 1,5 à 3 cm de long pour 2 à 3 mm de large seulement. Sous l'inflorescence, des rameaux stériles densément feuillés forment des pinceaux qui donnent à la plante l'allure d'un minuscule conifère. D'avril à juin, l'ombelle terminale porte 10 à 20 rayons grêles, souvent bifurqués. Comme chez toutes les euphorbes, les « fleurs » sont des cyathes : une coupe qui réunit des fleurs mâles réduites à une étamine et une fleur femelle, bordée de glandes jaunes en croissant. Les bractées, jaune verdâtre à la floraison, virent au rouge ou à l'orangé ensuite. Le fruit est une petite capsule de 3 mm couverte de tubercules. Toute la plante contient un latex blanc qui perle à la moindre cassure.
Répartition et habitat
Originaire d'Europe, l'euphorbe petit-cyprès est répandue dans presque toute la France et dans l'ensemble de l'arc alpin, de la plaine à l'étage alpin, où elle dépasse souvent 2000 m d'altitude. C'est une plante de lumière qui affectionne les pelouses sèches et les prairies maigres, les talus, les bords de chemins, les éboulis stabilisés et les friches, de préférence sur sols calcaires ou neutres, pauvres et bien drainés. Grâce à ses stolons, elle forme des colonies étendues, et elle résiste bien au pâturage puisque le bétail l'évite. Introduite en Amérique du Nord au XIXe siècle comme plante ornementale, elle y est devenue envahissante, de même qu'au Japon et dans le nord de la Chine.
Confusions possibles
L'euphorbe ésule (Euphorbia esula) lui ressemble, mais ses feuilles sont plus larges, élargies au-dessus du milieu et rudes au bord ; elle pousse dans des lieux plus humides, à basse altitude. D'autres euphorbes à feuilles étroites, comme l'euphorbe de Séguier (Euphorbia seguieriana), sont bien plus rares dans les Alpes : les pinceaux denses de rameaux stériles sous l'ombelle et les bractées qui rougissent après la floraison sont typiques de l'euphorbe petit-cyprès. Hors floraison, les touffes de feuilles fines peuvent évoquer la linaire commune (Linaria vulgaris) ou de jeunes pousses de résineux : la présence de latex blanc à la cassure suffit à reconnaître une euphorbe.
Toxicité
Toutes les parties de l'euphorbe petit-cyprès sont toxiques. Son latex blanc, riche en composés irritants, provoque rougeurs, cloques et brûlures de la peau, et une inflammation douloureuse s'il atteint les yeux : il faut éviter tout contact, se laver les mains après l'avoir manipulée et ne jamais se frotter les yeux. Ingérée, la plante cause brûlures de la bouche, vomissements et diarrhées. Elle est dangereuse pour les bovins et les chevaux, notamment lorsqu'elle est présente dans le foin, alors que les moutons semblent la tolérer. En cas d'ingestion ou de projection dans l'œil, contacter un centre antipoison.
Pour aller plus loin
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Lexique botanique — définitions des termes utilisés sur les fiches.



