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Asplenium trichomanes — Capillaire des murailles

Doradille chevelue, Capillaire rouge

Aspleniaceae

Asplenium trichomanes est une petite fougère des rochers et des vieux murs : touffes de frondes étroites, une seule fois divisées en petites pennes arrondies, portées par un rachis brun-noir luisant jusqu'à la pointe.

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Description

Petite fougère vivace et persistante, le capillaire des murailles forme des touffes denses à partir d'un rhizome court et dressé. Les frondes, longues de 5 à 20 cm (rarement jusqu'à 35 cm), sont étroites et linéaires, simplement pennées. Chaque côté porte de 15 à 40 pennes ovales à arrondies, finement crénelées, insérées presque en vis-à-vis. Le meilleur critère est le pétiole et le rachis, brun rougeâtre à noirâtre et luisants sur toute leur longueur, jusqu'à la pointe de la fronde. Les pennes finissent par se détacher, si bien que les vieilles touffes sont hérissées de rachis noirs dénudés. Au revers, les sores allongés, groupés par 4 à 6 de part et d'autre de la nervure, sont d'abord recouverts d'une indusie linéaire ; les spores mûrissent surtout en été. Plusieurs sous-espèces sont reconnues : la subsp. trichomanes, grêle, sur roches siliceuses, la subsp. quadrivalens, plus robuste, sur calcaire et mortier, et la subsp. pachyrachis, aux frondes plaquées contre la roche.

Répartition et habitat

Le capillaire des murailles colonise les fissures de rochers, les vieux murs de pierres sèches ou maçonnés et les talus rocailleux, où quelques millimètres de terre suffisent à ses racines. Il préfère la mi-ombre ou les parois fraîches mais supporte des expositions plus ensoleillées et résiste bien au froid comme à la dessiccation. Présent sur presque tous les types de roches, il se répartit entre sous-espèces selon le substrat : silice pour la subsp. trichomanes, calcaire et joints de mortier pour la subsp. quadrivalens. Espèce quasi cosmopolite, il est commun dans toute la France. Dans les Alpes, on le trouve des étages collinéen et montagnard jusqu'au subalpin, le plus souvent au-dessous de 1800 m d'altitude, dans les villages comme dans les gorges et les éboulis stabilisés.

Confusions possibles

La doradille verte (Asplenium viride), fréquente sur les rochers calcaires frais de montagne, lui ressemble beaucoup mais son rachis est vert sur presque toute sa longueur, brun seulement à la base. Les deux espèces poussent parfois côte à côte, et le contraste de couleur suffit à les séparer. La rue-de-muraille (Asplenium ruta-muraria), compagne habituelle des vieux murs, a des frondes bien plus découpées, à segments en losange, sur un pétiole vert. Enfin le nom de « capillaire » désigne aussi le capillaire de Montpellier (Adiantum capillus-veneris), une fougère d'une autre famille, aux segments en éventail, liée aux suintements et aux sources pétrifiantes.
Capillaire des murailles : rachis noirs luisants et sores mûrs
Rachis noir et luisant jusqu'à la pointe, sores mûrs au revers
Capillaire des murailles : touffe sur rocher hérissée de vieux rachis
Vieille touffe : les pennes tombées laissent des rachis dénudés
Capillaire des murailles : frondes sur un talus moussu
Frondes simplement pennées, à pennes arrondies
Capillaire des murailles : jeune touffe dans la fissure d'un mur
Installé dans le joint d'un mur de pierres

Pour aller plus loin